Atelier d'écriture, Vous et moi

Des premières fois et des rêves.

Samedi, j’ai animé un atelier d’écriture Parents/Enfants. Ce fut un réel bonheur et beaucoup de premières fois en ce samedi 4 novembre 2023. À 49 ans, il était temps (bien que je pense sincèrement qu’il soit toujours temps, non ?! 🧐)

Première fois que je mélangeais les deux publics (enfant & adulte) et je dois dire que c’est une très bonne idée (oui, je me lance des fleurs et alors ?!).

L’atelier était une fois de plus basé sur ce thème qui m’est cher (et que vous pouvez retrouver dans mes romans mais aussi dans notre documentaire « Quand nous aurions le même âge » actuellement en post-production), l’intergénérationnel. Bien qu’à ce terme, je préfère ce mot que j’ai inventé: le « transgénérationnel ». Il exprime plus selon moi cette force et envie de transmission, de partage peuplé de moments suspendus.

Première fois que mon mari et mes deux enfants participaient à l’atelier. J’étais un peu stressée devant ce public sans pitié ou conquis d’avance. Tout dépend de quel côté je voyais le verre à l’instant T. Pour être honnête, je crois que je me suis balancée entre les deux durant une bonne partie de l’atelier… voire les 3 heures… 😅

Avec les 11 participants, nous avons échangé sur mes astuces d’écriture, mes livres, mon parcours et nous avons surtout écrit à l’enfant que nous étions ou à l’adulte que nous allions devenir. Des textes et des lettres aussi différents les uns que les autres, mais tous aussi émouvants par leur force, leur intimité, leur vérité et leur grande tendresse. Ai-je versé ma petite larme ? Non, mais cela a bien failli arriver !

Première fois enfin, que je participe avec les auteurices en herbe en écrivant moi aussi à leurs côtés et je dois dire que j’ai beaucoup aimé l’exercice. Je vous livre ici les quelques lignes de ma lettre à la petite Frédérique de 6 ans, sans la moindre retouche, exactement comme elle est apparue à la pointe de mon stylo bille quatre couleurs positionné sur le violet.

Je vous en souhaite une bonne lecture et vous embrasse chaleureusement. ✨

Chère Frédérique

Je suis un peu émue de t’écrire cette lettre pour te dire que j’ai réalisé ton rêve. Cela n’a pas été facile tous les jours, mais tu me connais je suis assez tenace. Alors oui, j’ai réalisé ton rêve (non, je ne suis pas devenue chanteuse et encore moins comédienne !), j’écris des histoires comme celles que tu écrivais, tu te souviens ?

Et puis, j’ai aussi fondé la famille de tes rêves. Enfin, à peu près… Je veux dire par là que je n’ai pas eu six enfants et qu’ils ne s’appellent pas Roméo, Juliette ni Catherine. En revanche, tu as tellement eu du mal à écrire ton prénom que j’ai choisi des prénoms courts pour mes deux enfants, quatre et trois lettres, pas mal non ?

Papa a eu une fin de vie pas très drôle, tu sais. Depuis il est parti rejoindre tous ces gens chers qui nous ont quittés. Mais le positif dans tout ça, c’est que j’ai réussi à faire la paix avec lui. J’espère que tu en seras fière. Maman, elle, continue sa vie, toujours les pinceaux à la main. Je crois que nous avons de bons gènes et je pense que je pourrai encore écrire des dizaines de livres.

Et puis tu ne vas pas y croire… Sais-tu où j’habite ? Non, pas à Paris. Mais là aussi j’ai réalisé ton rêve. J’y ai vécu 20 ans et je te le confirme c’était top ! Une période lumineuse entre les sorties, les tournages et cette liberté chérie. Donc, je vis… aux Estables ! Oui ! Là même où tu as appris à skier quand tu avais 4 ans. Dingue, non ? Je m’y sens tellement bien, si tu savais. C’est un peu ce monde de douceur dont tu avais tant besoin.

Mon prince charmant ? Oui, je l’ai rencontré. Bon, je ne te cache pas qu’il a mis du temps à arriver, mais il est là. Rien à voir avec l’idée que tu t’en faisais, et c’est ça qui est encore plus incroyable !

Bref, nous sommes heureux aux Estables avec nos deux enfants aux prénoms courts et la vie est douce même si le monde tourne toujours aussi mal. Je t’avoue que sur ce point-là, je tente de garder mon âme d’enfant bien que ce ne soit pas facile tous les jours. Cette sensibilité qui t’encombrait, je ne suis pas parvenue à lui tordre le cou mais je l’ai apprivoisée, du moins un peu… En revanche, je suis toujours aussi incapable de me taire face à ces méchants qui te faisaient mal au bide. Eh oui… ils sont toujours là et toujours aussi nombreux… Sans commentaire.

Sur ce, je t’embrasse et fais-moi plaisir, essaie de croire en toi, au moins un petit peu.

Et merci d’avoir été toi, enfin moi, enfin je me comprends…

F.

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